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Ville inattendue

3 Juin 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Perou

En arrivant à Ayacucho, où nous pensions ne pas poser l’encre, la ville étant réputée dangereuse, nous sommes surpris de l’attractivité vivante du lieu. Des habitants tous aussi sympathiques les uns que les autres, un hôtelier amoureux des français qui nous fait une réduction énorme sur la chambre et est aux petits soins culinaires en nous faisant découvrir les spécialités de la ville, un papy qui se met à nous parler dans un français parfait qu’il a appris en prison, une mamita qui nous paye sa tournée de boisson. Tout semble sorti d’un rêve. Nous décidons donc de rester une journée afin de parcourir cette ville qui nous émerveille, contrastant avec la réputation qui en est faite. En sillonnant les rues, nous découvrons le passif du Sentier Lumineux* qui est né dans cette ville, la richesse qui est en grande partie due au trafic de drogue. Nous avons l’impression que la violence qui a sévit dans cette zone jusqu’en 2000 rend les gens heureux d’être en vie et qui œuvrent pour la paix. Un vrai coup de cœur pour cette ville longtemps isolée du pays.

*petite histoire complexe et résumée du Sentier Lumineux (on vous conseille de faire de plus amples recherches) : début des années 80, cette zone du Pérou est une des plus pauvres du pays. Le gouvernement ne mettant pas en place ses promesses pour les régions les plus isolées et les plus pauvres du pays (accès à l’eau potable et à l’électricité, à l’éducation, aux soins, à l’alimentation,…), un groupe révolutionnaire, le Sentier Lumineux, se crée et se développe d’abord à Ayacucho puis dans le reste du pays pour défendre les droits des plus démunis. Le mouvement dérape et s’empare des armes, réquisitionnant des paysans, principalement, afin d’entrer en lutte contre le gouvernement. Ceux qui ne souhaitent pas participer à l’élan révolutionnaire sont exécutés. L’armée tente de rétablir le calme en exécutant toute personne soupçonnée d’adhérer au Sentier Lumineux. Complexe affaire : appartenant à un bord ou à l’autre (armée ou sentier lumineux), la population n’a pas d’autre alternative que de mourir. Au total 70 000 morts entre 1980 et 2000. Des femmes se sont constituées en association afin de nourrir les orphelins et de rétablir la vérité sur ces crimes encore très présents dans la tête des habitants. Voici très succinctement ce que nous avons compris de l’histoire, mais tout cela reste bien complexe à résumer.

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Deux nuits au poste

30 Mai 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Perou

Entre la ville de Huanuco et Huancayo nous roulons dans un paysage qui oscille entre pampa déserte et paysage minier. Nous passons un col à 4200 mètres aux environs de Cerro de Pasco. L’ambiance est particulière : grandes lignes droites d’altitude, de hautes herbes raides, fines et sèches, se balançant au rythme du vent souvent violent, des vigognes et des lamas qui nous saluent du haut de leur long cou. Les camions accélèrent leur vitesse, pour une fois qu’il y a une ligne droite.

Le dérèglement climatique se fait sentir ici, comme nous le répètent beaucoup de locaux : nous sommes en période sèche et il pleut, il grêle même, alors qu’en cette époque aucune goutte n’est censée tomber. Alors, on se permet de petites pauses à l’abri de taules tenues par 4 bâtons, en bord de route qui servent de commerce à un vendeur de fromage, à une cuisinière qui sert d’énormes soupes, à un petit bar où l’on nous propose un chocolat chaud (tiens ? c’est la première fois que l’on en voit sur le continent) accompagné d’une galette frite (hum, c’est bon, c’est gras).

Nous sommes dans une zone où le narco-trafic est présent : les feuilles de coca poussant à quelques heures de là, on nous recommande un peu de prudence et les contrôles policiers sont très fréquents sur la route. C’est ainsi que nous nous retrouverons à dormir dans des postes de police deux nuits de suite. L’accueil y est au premier abord froid puis se détend peu à peu, jusqu’à devenir sympathique au point qu’un des policiers nous offre le petit déjeuner le lendemain matin.

Cette partie du Pérou vit essentiellement de l’extraction minière et du narcotrafic. On le remarquera notamment tout le long de la route menant à Huancayo où les grosses voitures contrastent avec les tas de ferraille que nous avons croisé jusque alors.

Deux nuits au poste
Deux nuits au poste
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On roule à trois

19 Mai 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Perou

Juste avant notre départ de l’hôtel, nous tombons nez à nez avec Nando, cyclo-voyageur qui écume la planète depuis 8 ans. Nous allons dans la même direction et décidons d’avancer ensemble. La route est asphaltée, ce qui est bien agréable après plusieurs journées de piste.

Tous les trois, nous dormirons dans un petit village, accueillis par la gérante d’un restaurant qui nous permet de poser nos tapis de sol dans la salle de restau. Je commence à trier le riz avec elle, puis elle se lève, revient 10 minutes plus tard et nous ouvre un dortoir qui se trouve sous un petit hôtel, nous offrant une nuit dans des lits, ce qui ne se refuse pas.

Le lendemain, la journée se déroule sans une descente, sans un plat. Juste une belle et jolie grimpette à travers les vallées. Encore un col à franchir (celui-ci à 4200mètres).

Nous arrivons en fin de journée à la Corona del Inca, énorme pierre sculptée qui apparemment aurait une tête d’Indien. C’est peut-être la fatigue, mais nous, on n’a pas vu d’indien, ni de couronne, juste un couché de soleil coloré sur les vertes montagnes. Une fois le soleil caché, le froid est vif.

Sur les derniers kilomètres, une voiture de police nous informe que cette route est dangereuse, beaucoup de personnes se font dépouiller sur ce tronçon de route. Alors, elle nous escorte, jusqu’au sommet. Puis, un des policiers nous indique de nous présenter à la prochaine voiture de police, quelques kilomètres plus loin en leur demandant de nous indiquer un lieu sûr pour passer la nuit. C’est ainsi que nous serons accueilli très gentiment par Mary. Les hommes (Brice et Nando) dorment dans une grange, moi avec les femmes, au grenier, au milieu des pommes de terre, des oignons et des herbes séchées. Le soir, nous partageons une soupe dans la cuisine en terre battue. Le four à bois est en terre également, les cochons d’Inde sont en liberté sur le sol, les plus dodus passerons à la casserole dès dimanche.

Le lendemain est une véritable fête : nous parcourons 60km en seulement 2h30. La route descend en lacets jusque Huanuco, grande ville perdue au milieu des montagnes. Nous y ferons une halte de 2 jours avant de nous rendre vers les prochains cols.

On roule à trois
On roule à trois
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