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les mollets moteurs

Traversée du désert

29 Avril 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Perou

Les roues des vélos étant réparées, après 2 jours complets de mécanique, nous voici de nouveau sur la route. Nous sommes obligés d’emprunter la panaméricaine pour environ 80km, afin de sortir de Trujillo et de rejoindre les montagnes. Nous avions oublié les routes si fréquentées. Des camions, des bus, dont on dirait que le défi est de traverser l’Amérique du Sud en 24h sans freins et à coup de klaxon, nous doublent, misérables cyclistes qui en prenons plein la face.

Le décor est absolument terrifiant : de dunes de sables, un soleil écrasant, une route bruyante, rien d’autre à l’horizon que du sable. Il ne manque qu’une musique de western pour parfaire le tout et que nos vélos puissent se transformer en cheval rachitique broutant des cactus.

Pour notre première nuit, nous trouvons refuge au commissariat d’une petite ville où les policiers nous permettent de poser notre tente. L’un d’eux nous offre une énorme pastèque, absolument parfait pour cette chaleur. Le lendemain, il ne nous reste plus qu’une dizaine de kilomètre à parcourir sur la grande route avant de bifurquer sur un petit chemin dont nous a parlé Lucho à la casa de ciclista et qui nous permettra de retrouver les montagnes. Au moment venu, nous tournons les guidons gauche toute et nous mettons à rouler sur une piste de sable et de pierre, le désert toujours à perte de vue. Nous n’avions pas du tout imaginé cela au Pérou.

Pendant 4 jours durant, nous allons pédaler dans un décor terrible : du sable, de la roche, des cactus, pas d’ombre : le désert quoi ! Un travailleur que nous croisons en route, nous voyant souffrir du soleil, rigole un peu avec nous et me dit : « no es peligroso, aqui no hay cow-boy senorita, ha ha ha* ». Ouais, ok, il n’y a pas de cow-boy mais il y a des condors, des montagnes rocheuses, du soleil, pas d’eau et pas d’ombre.

[*ce n’est pas dangereux, ici, il n’y a pas de cow-boy mademoiselle ha ha ha »]

Nous finissons tout de même par suivre le rio santa qui descend de manière furieuse sur des centaines de kilomètres le long des parois rocheuses. C’est auprès de cette rivière que nous bivouaquerons 2 nuits durant, nous permettant un petit décrassage bien agréable.

Sous 40°C quotidiens, nous pédalerons ces 5 jours. Nous ne cachons pas que cette étape à été difficile, moralement et physiquement. Nous avons eu faim, nous avons eu soif, très soif (au point de devoir boire l’eau du rio, sableuse et douteuse). Nous avons trouvé des oasis de fraîcheur dans des rencontres (des clémentines offertes par une petite mamie, une nuit passée aux côtés d’un berger en transhumance, un restaurant qui sort de terre, là, juste après le virage, au milieu de nulle part, à tout juste 12h30).

Plus d’une fois, nous avons eu envie de pleurer, mais en se ravisant de suite car il valait mieux garder l’eau que nous avions dans nos corps. Alors dans ces moments-là, on pense s’asseoir contre la paroi rocheuse et attendre qu’un condor et deux vautours viennent abréger nos souffrances. A défaut de vautours, ce seront les « mouches-moustiques » qui auront raison de nous. Nous sommes rouges de piqûres et ça démange terriblement. En regardant nos jambes et nos bras, on se rassure en se disant que nous avons gagné le maillot à pois, celui du meilleur grimpeur.

Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable
Chaleur, vent et sable

Chaleur, vent et sable

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La casa de ciclista

25 Avril 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Perou

C’est donc en bus que nous arrivons dans la ville de Trujillo, où une casa de ciclista nous attend à bras ouverts. Le principe : un passionné de vélo ouvre gratuitement sa maison depuis 25 ans à tous les cyclotouristes de passage. Il apporte aussi ses compétences en mécanique. Nous rencontrons ainsi d’autres cyclo-touristes en voyage, ce qui permet d’échanger autour de réalités communes.

Epuisés, nous passons notre premier après-midi à discuter avec Lucho (l’homme de la maison), Cécile et Guillaume (2 cyclo-touristes). Puis nous partons ensuite avec toute une petite équipe à bicyclette en direction de l’Océan Pacifique pour une première baignade (froide mais classe tout de même) et dégustation de la spécialité du coin : le ceviche (poisson cru mariné dans du citron vert et oignons avec piment et algues). Délicieux.

L’accueil de Lucho et de sa famille est mémorable. Comment des humains peuvent-ils faire preuve d’une telle générosité ? Cette rencontre nous permet d’entrer en contact sympathique avec le Pérou, qui jusque-là ne nous avait présenté qu’une face peu agréable. Jusqu’à présent, nous avons croisé des regards froids, les « gringos » dont on nous salue à chaque coin de rue deviennent pesants, nous les prenons pour une insulte, même si, a priori, ce n’en est pas une.

Les paysages de la côte sont absolument angoissants : il s’agit d’un immense désert, d’où on n’aperçoit pas la mer mais seulement des bidonvilles et des déchetteries à ciel ouvert. Nous sommes très certainement fatigués de nos derniers jours de pédalage et n’arrivons pour le moment pas à voir la belle face du Pérou. Nous attendons dans cette casa de ciclista une pièce qui doit venir de Lima pour nos vélos, la rotation arrière des 2 vélos étant complètement fichue. On grince des dents, mais nous sommes avec des gens sympathiques, ça aide à avaler la pilule…

En roues vers le Pacifique
En roues vers le Pacifique

En roues vers le Pacifique

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Le changement, c’est maintenant, et c’est au Pérou que ça se passe

18 Avril 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Perou

A changement de pays, changement d’ambiance immédiat. La chaleur est très lourde, les camionnettes sont devenues des rickshaw à l‘indienne, les bonjours sont moins chaleureux. Nous n’arriverons pas à rejoindre la ville de San ignacio avant la tombée de la nuit, nous faisons donc une escale bivouac à quelques kilomètres de la frontière.

Le lendemain, une rude journée nous attend. Nous sommes dans une partie déserte du Pérou, nous voudrions rejoindre San Ignacio avant ce soir, nous n’avons plus rien à manger et l’eau s’épuise. Départ au chant du coq, les montées sont raides mais nous y arriverons. En pleine concentration pour éviter un chien et garder le rythme de l’ascension, nous entendons des cris d’encouragement derrière nous, une voiture ralenti, une pancarte « Suerte amigos » sort du véhicule et de larges sourires nous encouragent. Nos compagnons Marion et Fabrice se trouvent face à nous, sur une route presque déserte. Ils sont en mini bus. Nous prenons le temps d’échanger quelques mots, ils descendront du bus à San Ignacio pour nous attendre. Ils mettront 1h30 à rejoindre la ville, il nous faudra une bonne partie de la journée. Ces retrouvailles nous permettent de pédaler à vive allure toute la journée, ce qui ne nous empêchera pas de monter dans une petite camionnette le temps d’une côte un peu chaotique.

Nous parvenons à retrouver nos amis dans cette petite ville sans charme et pas vraiment accueillante. Nous décidons dès le lendemain de prendre avec eux un bus de nuit qui nous conduira jusqu’à Chiclayo puis Trujillo, afin de zapper toute une partie du nord Pérou qui ne nous enthousiaste guère.

 Le changement, c’est maintenant, et c’est au Pérou que ça se passe
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