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les mollets moteurs

Expédition en bus

29 Juin 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Bolivie

Le trajet que nous avons parcouru jusqu’à la forêt amazonienne est une telle aventure qu’il mérite un article à lui seul.

Une fois arrivés à La Paz, nous nous décidons pour une virée en Amazonie. Nous en rêvons depuis longtemps et nous sommes dans un bon timing, alors go. On laisse nos vélos en lieu sûr, chez Eveline, la warmshoweuse* qui nous accueille, on prend nos sacs sur le dos, un billet de bus, et c’est parti, direction Rurrenabaque. La ville se trouve à 350 km au nord de La Paz, il nous faudra 23h pour rejoindre le village ! Une durée de trajet habituelle pour cette liaison est de 18h, ce qui est déjà très long. Mais avec les fortes pluies de ces derniers jours, il y a des éboulements, de la boue et nous roulons à faible allure entre un précipice et une falaise. Le bus a tout juste la place de se frayer un chemin, il arrive que dans un virage, il patine et qu’une roue se retrouve à moitié dans le précipice, qui plonge 300 mètres plus bas. Il arrive aussi que le bus se trouve bloqué sur la voie, le temps que des hommes dégagent les pierres tombées ça et là.

Pour un trajet de ce type, vous nous direz, c’est un bus de luxe. Non, des bus de luxe en Bolivie, nous n’en voyons guère. C’est un bus monté comme un vieux camion, dont on ne préfère pas connaître le kilométrage, dont les amortisseurs ont dû finir dans un fossé il y a au moins 200 000 km, dont les sièges s’inclinent quand on ne le veut pas et qui se relèvent à la moindre secousse. C’est un bus qui enchaîne les allers/retours de 25h, dont la boue s’accumule dans le couloir et filtre par le plafond. C’est un bus dans lequel voyagent hommes/femmes/enfants/voyageurs à l’hygiène parfois précaires et qui sent tout sauf bon. C’est un bus où les enfants font pipi par la fenêtre et qu’avec les secousses, vous imaginez bien que quelques gouttes terminent sur le fauteuil, où les couches des petits s’entassent avec les os de poulet. C’est par contre un bus grand luxe question rencontres avec les mamitas, les enfants, les voyageurs.

L’ambiance du bus est étrangement calme, à part à quelques moments délicats où les secousses deviennent terribles et où certains se mettent à crier. Nombreux sont ceux qui se lèvent pour regarder ce qui se passe. Nous avons parfois envie de leur crier : « mais asseyez-vous, vous allez faire basculer le bus ». Mais peu à peu nous adoptons le calme sud américain, et nous vivons les choses avec philosophie et grand calme. Alors nous aussi on se penche par la fenêtre pour voir que le bus dévie fortement vers le précipice pour éviter un rocher…

Nous passerons une journée et une nuit dans ce bus. Quand au petit matin nous arrivons à Rurre, on pose le pied à terre, on délie nos muscles, on souffle d’être encore en vie.

Et dire que dans quelques jours il va falloir envisager le chemin retour.

Rassurez-vous, nous avons fait le chemin retour et nous sommes bien en vie, le dos en compote certes, mais encore là, après 25 heures de bus ! VIVE LE VELO

*warmshower : réseau de voyageurs à vélo qui propose l’hébergement gratuit, sur le principe de la réciprocité (type couchsurfing mais uniquement pour les cyclo-touristes).

Expédition en bus
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Noël en juin

27 Juin 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Bolivie

Petite dédicace à La Position du Tireur Couché dans l’album de Noel de La Coopé. Oui, nous avons vécu Noel en juin, mais sans maillot de bain et de Noel, il n’y avait que la neige.

La traversée de la frontière Pérou/Bolivie s’étant parfaitement bien passée, nous avons fait une halte de quelques jours à Copacabana afin de découvrir l’isla del sol (voir photos article précédent, Lac Titicaca). La ville ne vaut aucun commentaire, elle est belle par ses alentours.

Puis, nous enfourchons nos vélos pour nos premiers coups de pédales en terre bolivienne. Les éléments nous accueillent en grande pompe. Sur les 10 premiers kilomètres de côte, une pluie torrentielle inonde nos K-way. Pour les kilomètres suivants, toujours en côte, l’eau fait place à la neige. Nous sommes ici en hiver, période supposée très froide mais sèche avec de grands ciels bleus. Le dérèglement climatique est venu mettre son nez ici aussi.

Nous finissons par arriver au col, trempés et le bout des doigts gelés. L’eau et la neige ont traversés les sur-gants Mappa, les gants, les sous-gants. Une descente nous attend, avec de grands coups de vent et…de grêlons. Ronds comme des petits pois et au moins aussi gros, ils s’abattent sur les parties de notre visage que nous n’avons pas réussi à couvrir. Nous jouons sans cesse des freins afin que les coups soient le moins violents possibles. C’est complètement trempés que nous arrivons auprès des embarcations qui nous permettrons de traverser vers l’autre rive du Titicaca. Heureusement, il y a toujours une mamita prête à vous servir quelque chose de chaud. S’est donc attablés avec des camionneurs et des pêcheurs que nous savourons une énorme assiette de pâtes bien épicées avant d’entamer la traversée. La seconde partie de la journée est un peu plus clémente et laisse filtrer quelques rares rayons de soleil, qui nous réchauffent grandement. Ce soir, nous dormirons dans un hôpital pour communautés indigènes. Les infirmières s’attablent avec nous autour d’un repas chaud, nous donnent des conseils sur la Bolivie, le médecin chef nous laisse son bureau afin que nous passions la nuit au chaud. N’est-ce pas fou ?

Au petit matin, nous reprenons la route. Il nous reste environ 90 kilomètres, pour rejoindre la capitale de la Bolivie, La Paz. Nous pourrions le faire dans la journée, mais cela nous ferait arriver un peu tard dans la ville et nous préférons ne pas entamer une entrée en capitale en fin de journée. Nous décidons de camper avant El Alto (banlieue aux airs de bidonvilles de La Paz). Sauf que, nos jambes, en forme, nous conduisent au cœur même de El Alto, ville qui s’étale tellement, que nous n’avions pas vu que nous nous enfoncions dans la gueule du loup. Nous décidons donc de trouver une petite chambre, parce ce que, comment dire, qui aurait envie de camper en plein cœur de Saint-Denis ou dans les quartiers Nord de Marseille, à part pour une étude sociologique ? Et bien pas nous en tout cas. Nous dormons donc dans un petit hôtel de cette ville de brique qui pousse comme un champignon tentaculaire et où l’air est difficilement respirable. Nous craignions El Alto par sa réputation coupe-gorge, nous sommes en fait accueilli très sympathiquement à de nombreuses reprises.

Le lendemain, peu de kilomètres nous séparent du cœur de La Paz. Nous nous transformons en pilotes-guerriers : casque visé sur la tête tel une armure, bandana sur le nez et la bouche pour nous protéger de la pollution, gants enfilés en cas de chute. Nous avons le regard noir et filons à travers les voitures, camions, bus. Il faut s’imposer, sinon on risque d’y passer l’hiver. Un livreur de boissons est perché sur son camion et nous siffle en guise d’encouragement. Le chauffeur roule vite mais à un feu rouge, le livreur se baisse vers nous pour nous offrir des bouteilles de cola et nous congratule d’un large sourire. Quel bonheur. Il fait une chaleur infernale. Nous entamons la descente vers La Paz en commençant par prendre la bretelle d’autoroute en sens inverse puis en roulant dans la bande d’arrêt d’urgence où il est bien indiqué : « interdit aux bicyclettes ». Ben oui, mais il faut bien trouver sa place, alors nous nous élançons. La bande d’arrêt d’urgence sert aussi de parking, de dépose minute, de trottoir, de zone de stockage, d’espace de footing. Nous devenons habiles du guidon pour slalomer entre tous ces joyeux dangers. Et nous arrivons en vie au cœur de La Paz, émerveillés par la construction de cette ville, les montagnes s’étalant tout autour, comme pour la protéger.

Noël en juin
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Pérou, l’heure du bilan

18 Juin 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Perou

Nous devons le dire, notre arrivée au Pérou ne laissait pas paraître un grand enthousiasme. Des personnes peu agréables, des « gringos » par lesquels on nous interpellait de toutes parts, des paysages monotones et dénués de charme. Nous nous étions donc préparés à traverser le pays de manière très rapide, pour ne pas dire expresse. Mais le vélo à cela de bon qu’il laisse le temps de changer d’avis. En cours de route, nous avons rencontré des habitants forts sympathiques, des visages souriants, des portes ouvertes, des paysages qui se modelaient sous notre regard. Pour finalement nous faire oublier nos premières mauvaises impressions. Par contre les chiens sont restés tous autant agressifs en nous sautant dessus par meutes entières, les conducteurs se révélaient chaque jour des dangers pour nos vies.

Nous garderons en mémoire les « si hay : oui, il y en a » permanents, même si il n’y en a pas en réalité, les « hay que esperar : il faut patienter» interminables qui nous deviennent coutumiers, les visages si beaux des enfants, qui nous saluent en rigolant la morve au nez et les cheveux en pagaille, nous courent après pour un « check » et repartent fiers comme des papes d’avoir réussi à nous toper la main, les odeurs de soupes dans les villages, les ados au regard affirmé comme celui d’un adulte, le rôle de chaque membre de la famille au travail (des premiers pas jusqu’au dernier souffle), de la curiosité de tous ces gens rencontrés qui nous questionnent en permanence « pourquoi, comment, où ?».

Nous nous souviendrons de tous les sites incas et pré-incas découverts, nous permettant de découvrir l’ingéniosité et l’histoire des civilisations dont nous n’apprenons finalement rien à l’école, de l’immensité du pays avec des régions aux accents différents, de ce pays à l’heure des grands travaux qui deviendra certainement une puissance importante dans quelques années, des matchs de football partagés avec les brigades de police (matchs qualificatifs pour le mondial 2014 au Brésil), des polleria (restau de poulet grillé) à chaque coin de rue, des jus de fruits sur les marchés…

Nous quittons ce pays qui possède bien des facettes si belles à découvrir pour qui veut prendre le temps et la patience de les apprivoiser.

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