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les mollets moteurs

Sur la route de San Francisco à Cuenca

29 Mars 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Equateur

Vendredi 22 mars : c’est en pleine forme que nous quittons la communauté de San Francisco, sous les aux-revoir chaleureux de Marion et Fabrice, 2 voyageurs rencontrés en chemin. Nous nous sommes donné pour objectif de rejoindre Guamote, à environ 50km. Défi relevé : nous sommes à Guamote 3h plus tard, les mollets nous en demandent encore. Alors on continue, jusqu’à Alausi où nous arriverons en fin de journée, épuisés mais heureux des 95km réalisés dans la journée. A 5km de l’arrivée, une rencontre avec Harco, en pleine côte, de celles qui vous broye les jambes. Harco est également cyclo-touriste (enfin plus cyclo que touriste). Il pédale à une allure délirante depuis 8 mois. Ensemble, nous rejoingnons la petite ville, prenons une chambre commune et partageons le repas du soir tant attendu.

Le lendemain, nous démarrons ensemble la journée mais dès le premier col, nous décidons de nous séparer, nos mollets ne sont pas autant entrainés que les siens. La route qui doit nous mener jusqu’à Cuenca, 200 km plus loin, est sinueuse, grimpe sévèrement et nous sommes dans une partie de la cordillère où la brume nous tient compagnie une bonne partie de l’après-midi. Alors que le froid se fait terrible, que les jambes et le moral crient STOP en cœur, un couple de paysans nous offre de planter la tente au milieu de leur basse-cour. Drôle de nuit que nous passons ici, mais qui nous permet de repartir d’un meilleur pied le lendemain. La brume reste nôtre plus fidèle compagne. Une éclaircie occasionnelle nous permet de reprendre espoir et d’arriver à notre prochaine étape.

Après une bonne douche et une nuit de sommeil, le soleil est réapparu. C’est décidé, aujourd’hui sera une bonne journée. Pas d’agacement, juste savourer le paysage qui enfin réapparait sous nos yeux. C’est ce jour-là que nous croisons Jesus. Oui, vous lisez bien. Jesus est Argentin et arrive tout droit de Patagonie sur son vélo. Il remonte jusqu’en Alaska. Son sourire, son embrassade et sa poignée de main nous font dire que oui, aujourd’hui est un bon jour. Nos jambes sont folles, elles nous mènent au-delà de l’étape attendue. Nous voilà à Cuenca, sous une pluie battante certes, mais à Cuenca tout de même. On n’en pensait pas tant. En quatre jours, 280 km au compteur et 24 heures de pédalage.

La route est dure, la route est belle
La route est dure, la route est belle
La route est dure, la route est belle
La route est dure, la route est belle
La route est dure, la route est belle
La route est dure, la route est belle
La route est dure, la route est belle

La route est dure, la route est belle

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Un marché aux allures de fête

29 Mars 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Equateur

Qu’ils sont beaux ces marchés qui s’installent sur les places, les stades, les bords de rivière des villages que nous traversons. Colorés, animés et étrangement peu bruyants par rapport au nombre de personnes qui les composent.

Le marché de Guamote est pour le moment celui qui nous a le plus impressionné. A une quarantaine de kilomètres de Riobamba, ce marché est un des plus grands marchés ruraux du pays. La population afflue des montagnes, les pick-up chargés d’ovins et bovins, de femmes, d’enfants, de fruits, de légumes. Chacun vient vendre et acheter.

Attention, tout est organisé : les cochons qui freinent des 4 fers et les moutons vivants se négocient près de l’abattoir, les vaches dans une arène, en haut de la ville, les petits animaux (cochons d’inde, poulets, canards) sont quant à eux sur une grande place. On négocie très dur : pendant 30 minutes, nous assistons à la vente d’un taureau qui finalement ne se conclura pas, l’acheteur n’en donne pas assez. Pourtant, la bête était belle. Mais après avoir fait 10 fois le tour du bestiau, tâté la croupe, soulevé la queue, observé la dentition, fait marcher l’animal, l’homme n’a pas lâché assez de billets.

Au milieu de toute cette agitation, des bouchers et des poissonniers proposent des almuerzos (repas du midi). Vous pouvez donc goûter un morceau de la bête qui est pendue crue, sous vos yeux, à un crochet. Une belle partie en a été prélevée et mijote dans une marmite. Pour les grands carnivores, cela peut éventuellement mettre l’eau à la bouche, mais la perspective de manger là, au milieu de mares de sang et dans des odeurs de viande fraîche qui se réchauffe au soleil, on n’a pas encore osé. Nous sommes allés un peu plus loin, dans un bouiboui d’où l’on ne sentait plus le sang caillé.

Vie du marché de Guamote
Vie du marché de Guamote
Vie du marché de Guamote
Vie du marché de Guamote
Vie du marché de Guamote

Vie du marché de Guamote

Ambiance au marché aux vaches de Guamote

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Au pied du Chimborazo

27 Mars 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Equateur

Troisième semaine de voyage. Quelque part au pied du volcan Chimborazo (le plus haut sommet du monde), au milieu de la Sierra, la cordillère des Andes héberge depuis la nuit des temps un peuple dont la culture perdure, tant bien que mal.

Pendant 5 jours, nous vivons au sein d’une communauté de femmes qui met tout en œuvre pour sauvegarder sa culture et ses mœurs.

Nous découvrons des parcelles de culture minuscules de quinoa, de pommes de terre, de maïs, qui sont irriguées par un système de serpentin creusé dans la terre, ce qui demande un long travail. Des petits canaux qui descendent les flancs de la montagne permettent cet apport en eau.

Nous découvrons au cours d’une promenade avec une guide Quechua l’usage des plantes médicinales, nous abordons des méthodes de construction de maison simples mais efficaces. Nous apprenons le culte fait par les Quechua à la Pachamama (la terre mère), une prière est écrite au dessus de nos têtes pour nous rappeler d’où nous venons, se souvenir qu’il faut protéger notre environnement si l’on veut continuer de vivre.

Nous entendons des histoires sur des volcans masculins, des montagnes aux allures de femmes, des histoires d’amour et de rivalité, que nous vous raconterons peut-être un jour. On nous conte le lama et le culte qui lui est voué.

Nous parcourons la campagne et à chaque virage, nous ne perdons pas une miette de chaque rencontre que l’on peut faire. Nous avons l’impression d’être au milieu de nulle part, nous sommes en réalité au milieu du monde. Des centaines de gens vivent et façonnent le paysage, cette campagne-là est réellement vivante.

Chaque famille possède une vache, quelques moutons, parfois un âne, un cochon, qu’elle descend au petit matin paître aux champs. La journée durant, toutes générations confondues s’activent aux travaux de la terre, au filage de la laine de lama, au tricot. A 17h, tout ce joyeux monde remonte à la maison (les enfants baladent des bâtons pour faire avancer les porcelets, les anciens tentent de diriger les vaches). En fin de journée, l’entrée du village de San Francisco de Cunuguachay est dans de drôles embouteillages.

Au coeur d'un monde
Au coeur d'un monde
Au coeur d'un monde
Au coeur d'un monde
Au coeur d'un monde
Au coeur d'un monde

Au coeur d'un monde

Petit bonus Pachamama - Keny Arkana (Artiste à découvrir)

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