Sur la route de San Francisco à Cuenca
Vendredi 22 mars : c’est en pleine forme que nous quittons la communauté de San Francisco, sous les aux-revoir chaleureux de Marion et Fabrice, 2 voyageurs rencontrés en chemin. Nous nous sommes donné pour objectif de rejoindre Guamote, à environ 50km. Défi relevé : nous sommes à Guamote 3h plus tard, les mollets nous en demandent encore. Alors on continue, jusqu’à Alausi où nous arriverons en fin de journée, épuisés mais heureux des 95km réalisés dans la journée. A 5km de l’arrivée, une rencontre avec Harco, en pleine côte, de celles qui vous broye les jambes. Harco est également cyclo-touriste (enfin plus cyclo que touriste). Il pédale à une allure délirante depuis 8 mois. Ensemble, nous rejoingnons la petite ville, prenons une chambre commune et partageons le repas du soir tant attendu.
Le lendemain, nous démarrons ensemble la journée mais dès le premier col, nous décidons de nous séparer, nos mollets ne sont pas autant entrainés que les siens. La route qui doit nous mener jusqu’à Cuenca, 200 km plus loin, est sinueuse, grimpe sévèrement et nous sommes dans une partie de la cordillère où la brume nous tient compagnie une bonne partie de l’après-midi. Alors que le froid se fait terrible, que les jambes et le moral crient STOP en cœur, un couple de paysans nous offre de planter la tente au milieu de leur basse-cour. Drôle de nuit que nous passons ici, mais qui nous permet de repartir d’un meilleur pied le lendemain. La brume reste nôtre plus fidèle compagne. Une éclaircie occasionnelle nous permet de reprendre espoir et d’arriver à notre prochaine étape.
Après une bonne douche et une nuit de sommeil, le soleil est réapparu. C’est décidé, aujourd’hui sera une bonne journée. Pas d’agacement, juste savourer le paysage qui enfin réapparait sous nos yeux. C’est ce jour-là que nous croisons Jesus. Oui, vous lisez bien. Jesus est Argentin et arrive tout droit de Patagonie sur son vélo. Il remonte jusqu’en Alaska. Son sourire, son embrassade et sa poignée de main nous font dire que oui, aujourd’hui est un bon jour. Nos jambes sont folles, elles nous mènent au-delà de l’étape attendue. Nous voilà à Cuenca, sous une pluie battante certes, mais à Cuenca tout de même. On n’en pensait pas tant. En quatre jours, 280 km au compteur et 24 heures de pédalage.
La route est dure, la route est belle