La casa de ciclista
C’est donc en bus que nous arrivons dans la ville de Trujillo, où une casa de ciclista nous attend à bras ouverts. Le principe : un passionné de vélo ouvre gratuitement sa maison depuis 25 ans à tous les cyclotouristes de passage. Il apporte aussi ses compétences en mécanique. Nous rencontrons ainsi d’autres cyclo-touristes en voyage, ce qui permet d’échanger autour de réalités communes.
Epuisés, nous passons notre premier après-midi à discuter avec Lucho (l’homme de la maison), Cécile et Guillaume (2 cyclo-touristes). Puis nous partons ensuite avec toute une petite équipe à bicyclette en direction de l’Océan Pacifique pour une première baignade (froide mais classe tout de même) et dégustation de la spécialité du coin : le ceviche (poisson cru mariné dans du citron vert et oignons avec piment et algues). Délicieux.
L’accueil de Lucho et de sa famille est mémorable. Comment des humains peuvent-ils faire preuve d’une telle générosité ? Cette rencontre nous permet d’entrer en contact sympathique avec le Pérou, qui jusque-là ne nous avait présenté qu’une face peu agréable. Jusqu’à présent, nous avons croisé des regards froids, les « gringos » dont on nous salue à chaque coin de rue deviennent pesants, nous les prenons pour une insulte, même si, a priori, ce n’en est pas une.
Les paysages de la côte sont absolument angoissants : il s’agit d’un immense désert, d’où on n’aperçoit pas la mer mais seulement des bidonvilles et des déchetteries à ciel ouvert. Nous sommes très certainement fatigués de nos derniers jours de pédalage et n’arrivons pour le moment pas à voir la belle face du Pérou. Nous attendons dans cette casa de ciclista une pièce qui doit venir de Lima pour nos vélos, la rotation arrière des 2 vélos étant complètement fichue. On grince des dents, mais nous sommes avec des gens sympathiques, ça aide à avaler la pilule…