Ce lac qui nous amusait tant
Ah, ce fameux Lac Titicaca. Il nous faisait rire sur les bancs du collège, il nous fascine aujourd’hui et marque notre passage de frontière entre le Pérou et la Bolivie. Sur un petit bateau, nous partons à la découverte des îles flottantes, construites au milieu du lac sur un mètre de terre et de roseau, astucieusement assemblés. L’île bouge quand il y a des remous, le sol est tapissé de roseaux, très agréable pour marcher pieds nus. Nous poursuivons notre route, le lac sur notre gauche, pendant plusieurs jours. Plusieurs levers de soleil. Plusieurs couchers de soleil. Toujours bouche bée face à la l’immensité et à la tranquillité du lieu. On se croit en bord de mer. Il y a les mouettes, il y a le clapotis des vagues, il y a les parcs à truites (nous sommes en eau douce, pas d’huitres), il y a des barques, il y a les pêcheurs qui fabriquent leurs filets. Puis après passage du côté bolivien, nous découvrons l’isla del sol. Après une magnifique randonnée sur les crêtes puis une nuit au milieu de l’immense lac, nous rejoignons la terre ferme.
La visite des îles se fait sous le signe du folklore touristique. Mais nous l’acceptons, en nous disant que l‘argent du tourisme passe directement dans les poches des communautés et permet la scolarisation des enfants. On le souhaite en tout cas. Dur dilemme du touriste. Nous voyons d’un côté du folklore dans les lieux dits touristiques et nous vivons le quotidien des habitants lorsque l’on voyage sur nos vélos. Et l’écart est énorme. Dans la vraie vie, pas de flûte de pan, pas de tenues propres et repassées, pas de lamas décorés aux mêmes couleurs que les enfants. Ces deux visages restent tout de même intéressants à voir. Il y a le Pérou vécu et le Pérou imaginaire. Nous préférons de loin celui de tous les jours, vrai et vivant.