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les mollets moteurs

argentine

Les Mollets Moteurs à la ferme

31 Octobre 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Argentine

Au milieu d’une zone désertique, dans une région où les vignes poussent à merveille, se trouve une ferme biologique, une ferme où tout est d’un vert contrastant avec le sol aride des voisins, un oasis où les heures coulent paisiblement à la place de l’eau, un endroit où l’on se sent encore mieux tôt le matin ou au soleil couchant, lorsque la brise chaude se lève pour adoucir nos nuits.

Nos journées sont teintées de degrés supplémentaires. Fera-t-il seulement 30°C aujourd’hui ? Certainement, avant que la chaleur revienne avoisiner les 45°C. Il fait chaud et l’on ne s’en plaint pas. Il fait tellement bon à l’ombre des rosiers grimpants, à causer avec les autres volontaires pour parfaire notre espagnol et relancer notre anglais.

Nous plantons, nous semons, nous voyons pousser, nous arrosons, nous nourrissons les animaux, nous découvrons des arbres fruitiers étranges, comme un mûrier de la taille d’un noyer qui donne des fruits saveur mûre, couleur crème, un arbre biscornu qui laisse tomber des pêches de la taille d’une cerise, des poivriers de baies roses, un arbre à farine (extraite des racine). Nous cuisinons, nous bêchons, nous discutons. Ah, le retour à la terre, c’est tellement en vogue!

La terre est très sèche mais également très riche. L’eau pour l’arrosage arrive tout droit des hauteurs de la Cordillère des Andes, à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau. Un canal permet son acheminement jusqu’à la ferme.

Nos jours sont emplis de découvertes. Nous essayons de n’avoir peur de rien et de foncer vers l’aventure. Nous apprenons à traire le vache pour en sortir le lait si riche avec lequel nous faisons du fromage et du beurre, Brice transporte les truies qui doivent peser 200 bons kilos, Mathilde devient guide de visite de la ferme pour une trentaine d’ados (en espagnol bien évidemment). Des journalistes curieux ayant entendu parler de notre voyage à vélo, sont venus nous interviewer dans la ferme. Nous devons prochainement passer à la télévision et sommes invités à venir nous exprimer au micro d’une radio. Finalement, chaque jour nous réserve son lot d’imprévus, et qu’est-ce que l’on aime ça...

Lever du jour sur la Granja Tia Nora

Lever du jour sur la Granja Tia Nora

Un tour de ferme
Un tour de ferme
Un tour de ferme
Un tour de ferme

Un tour de ferme

Désherbage intense

Désherbage intense

Fabrication des empanadas pour le restaurant de la ferme

Fabrication des empanadas pour le restaurant de la ferme

Débourrage des vignes

Débourrage des vignes

Du vert au milieu du désert

Du vert au milieu du désert

Boom des naissances
Boom des naissances
Boom des naissances
Boom des naissances

Boom des naissances

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Quelques signes de sédentarisation

25 Octobre 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Argentine

Après près de 6000 km parcourus à vélo, tant de paysages admirés, tant de regards croisés, cet article sera certainement le plus difficile à écrire. Il marque le début d’un autre voyage, un de celui que nous ne pensions pas faire pour le moment. Il marque surtout la fin de notre périple à vélo.

Les premiers jours sont imbibés de comparaison permanente. Nous nous réveillons dans un endroit fixe, nous avons des horaires, nos journées, sans se ressembler, sont teintes d’une humeur routinière. Nos vélos sont loin, nous n’avançons plus dans l’espace, nous essayons de suivre du doigt sur une carte la route que l’on aurait dû parcourir à vélo, nous essayons de nous rappeler les paroles réconfortantes des proches qui toujours nous encouragent et nous félicitent du chemin parcouru. Nous retrouvons le confort de la vie sédentaire. Plus besoin de chercher un endroit où poser la tente, de calculer la quantité d’eau nécessaire pour les jours à venir, plaisir retrouvé d’une douche quotidienne. Mais ce n’était pas assez, nous en demandions encore, nous voulions aller jusqu’au bout.

De ce fait, les outils que nous utilisons ici pour le jardin accusent la force de la rage que nous avons encore au ventre, nous sommes partant pour tous les travaux les plus pénibles, histoire de ne pas se laisser ensevelir par nos pensées nostalgiques du vélo. Nous faisons maints efforts pour ne pas rêver que nous roulons vers le sud. Il faut oublier, il faut avancer dans une autre direction, il faut accepter, digérer.

La vie nous réserve malgré tout encore quelques clins d’œil ensoleillés. Nous venons d’arriver dans une ferme biologique créée par un heureux couple. Nous trouvons ici d’autres volontaires, qui comme nous, veulent voyager par la découverte de l’autre. Nous passons de longues heures à discuter, nous qui avions appris les rencontres éphémères et la solitude des grands espaces, nous apprenons à partager des moments qui ressemblent à l’auberge espagnole. Nous réapprenons la vie de groupe, les horaires, les tâches imposées. Un petit retour à une vie sédentaire temporaire, une petite transition tranquille d’un voyage à l’autre.

Petit village dans les faubourgs de la grande ville de San Juan

Petit village dans les faubourgs de la grande ville de San Juan

Un coin de paradis au milieu du désert

Un coin de paradis au milieu du désert

Un lieu fixe dans lequel vivre

Un lieu fixe dans lequel vivre

Une table autour de laquelle diverses langues s'expriment aux heures des repas

Une table autour de laquelle diverses langues s'expriment aux heures des repas

Une vie aux rythmes Auberge Espagnole

Une vie aux rythmes Auberge Espagnole

Après la tente, un confort des plus sophistiqué
Après la tente, un confort des plus sophistiqué

Après la tente, un confort des plus sophistiqué

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Changement de cap

17 Octobre 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Argentine

Il y a des périodes où la vie se montre clémente et douce. D’autres où elle donne l’impression de s’acharner à nous mener la vie dure. La semaine que nous venons de passer nous a montré le mauvais revers de la médaille.

Nous venons de vivre des journées faites d’hôpitaux, de discussions médicales, de pharmacies et d’ordonnances. Nous venons d’apprendre toute une liste de vocabulaire que l’on aurait préféré ne pas connaître. Suite à un séjour de l’un des mollets sur un lit d’hôpital, on nous apprend qu’il faut abandonner l’idée de poursuivre le périple et rentrer en France. Le vélo étant accusé médicalement de ne pas être adapté à l’état de santé actuel. De bien tristes heures ont suivi cette nouvelle. Arrêter le vélo en pleine course correspond à nous arracher le cœur. Rentrer en France nous semble inenvisageable alors qu’il nous reste encore 4 mois de voyage.

Alors, à force de questions, les médecins nous disent que l‘on peut essayer de continuer notre route, mais que les vélos doivent rester au garage. Pas d’efforts trop intenses, nous dit-on.

On a fait de gros gloups, on a séché de grosses larmes, on s’est mouché le nez à longueur de jours, on a gardé les yeux ouverts à longueur de nuits. Et puis, nous avons essayé d’accepter ce changement de direction imposé. Nous avons péniblement laissé nos vélos à un amigo croisé en chemin, avons troqué nos sacoches contre des sacs à dos de fortune et nos mollets contre des pouces.

Nous avons décidé de poursuivre le voyage, différemment, comme cette chienne de vie l’exigeait. Nous partons désormais à la découverte des fermes écologiques en stop, où nous serons volontaires le temps de quelques semaines. L’expérience se voudra certainement intéressante en rencontres et le changement de cap soudain.

Il était hors de question de poursuivre l’itinéraire prévu en changeant de mode de transport. Nos bicyclettes nous auraient manquées. Hors de questions de penser ou de dire : « tu imagines, si nous avions été à vélo ». Parfois, le changement doit être très radical pour s’efforcer de l’accepter.

Nous continuerons nos bafouilles régulières. Feu les mollets moteurs, bonjour la force mentale motrice.

Au revoir, fidèles compagnons!

Au revoir, fidèles compagnons!

"La vie c'est comme la bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre" A. Einstein

"La vie c'est comme la bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre" A. Einstein

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