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les mollets moteurs

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Une traversée, deux versions : Une avancée en enfer

23 Juillet 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Chili, #Bolivie

Un voyage à vélo, c’est des moments forts. Des bons comme des plus difficiles. De la partie chilienne désertique, au salar de Uyuni, toujours aussi désertique, nous avons roulé 17 jours. Ces 17 jours, nous ne pouvons choisir sur quel ton vous les raconter. Humoristique certainement, car en toute circonstances garder le sourire est bien aidant. Sur un ton enjoué et merveilleux aussi, car chaque jour possède ses moments de bonheur. Mais cela ne ferait pas tout. Car nous en avons bien c…. pour ne pas être vulgaire.

C’est ainsi que nous avons décidé de couper cet article en 2 parties distinctes : quand ça va et quand ça va moins bien. Parce qu’il n’y a pas de raison de vous épargner ce que nous avons vécu.

La frontière chilienne ne nous a pas permis de faire passer fruits et légumes. Nous nous contenterons donc pendant plus d’une semaine d’une alimentation à base de pâtes, de riz, de riz mais aussi de pâtes. Pour les repas plus élaborés, nous ajouterons un cube de volaille à l’eau de cuisson. Le midi, nous mangerons du pain de mie qui s’effrite et avec lequel il est impossible d’imaginer faire un sandwich. Nous mangerons donc des miettes de pain au pâté (que nous avons réussi à faire passer avec quelque ingéniosité).

Sur des kilomètres de pistes et de désert de sel, il nous a fallu pousser, traîner, porter, supporter nos vélos. Le sable succède à la boue, ce qui crée une espèce de mauvais ciment entre les roues et les gardes boue. Les pierres sont nos pires ennemies. Elles heurtent jantes et rayons, au risque de nous les casser. Pas question que cela arrive, nous sommes à plusieurs centaines de kilomètres de toute civilisation et en une semaine, nous ne croisons qu’une voiture. La « tôle ondulée » ne nous aide pas à avancer paisiblement. C’est un choc pour les fesses, les bras, le cou, à chaque tour de roue.

Chaque jour, passé 12h, un vent se lève (de face ou de côté bien entendu). Les efforts de pédalage sont alors décuplés pour si peu de distance parcourue.

Le froid devient alors terrible. Il faut dormir en compagnie du vent, sous une tente dans laquelle le thermomètre n’affiche pas une seule fois positif (entre -5C° et -8C°). Au petit matin il s’agit de replier la tente gelée, avec les doigts qui s’engourdissent, de déjeuner du pain qui a gelé, de ne pas boire d’eau qui est à l’état de glace malgré le fait d’avoir dormi dessus.

Quand nous enfourchons nos vélos, nous prions pour ne pas être cachés par une montagne qui bloquerait les rayons du soleil. Quand enfin le soleil commence à nous réchauffer, nos lèvres subissent et crament pour laisser apparaître de belles gerçures qui nous empêcheront de manger correctement. Nos ongles se décollent et saignent à cause du froid. Pas de douche depuis une semaine, les mains sales que l’on lave très furtivement afin de ne pas gaspiller trop d’eau.

Quand nous arrivons aux abords du premier désert de sel (Salar de Coïpasa), nous commençons à ressentir les effets de la fatigue et de la faim. Notre premier salar se révèle une expérience catastrophique. Les autochtones nous indiquent une mauvaise direction, nous nous retrouvons de l’autre côté de la montagne à nous embourber dans des sels mouvants. Par chance, nous rencontrons un berger au milieu du désert qui nous pointe du doigt la montagne à suivre. Il nous déconseille de couper car le salar est meuble et l’on risque de s’enfoncer. Pendant une trentaine de kilomètres, nous suivons la dite montagne, puis ne voulant pas rester une nuit de plus dans ce foutu salar, nous décidons de couper. Bandes d’idiots que nous sommes. Comme l’avait prédit le berger, nous nous enfonçons et devons pousser nos vélos pendant 10km. Nos bras et nos épaules s’en souviennent encore. Harassés, nous devrons passer une nuit de plus dans ce foutu salar de Coïpasa.

A la sortie du Salar, la piste n’est guère mieux, mais bon, nous en sommes sortis. Nous pédalons maintenant direction le Salar de Uyuni, qu’il nous faut traverser avant de rejoindre la civilisation. Le Salar de Uyuni, c’est un peu un rêve, dans l’idée. Mais avec l’état de fatigue dans lequel nous sommes entrés dans ce désert, c’est presque devenu un cauchemar. Un vent glacial matinal fait geler les larmes à peine sorties, des 4X4 de ces c… de touristes nous frôlent, ralentissent pour baisser la vitre et nous prendre en photo, comme si nous étions des girafes perdues en pleine banquise, sans prendre la peine de nous saluer et de nous demander si nous avons besoin de quelque chose, alors qu’ils sont bien au chaud, sous des couvertures avec un thermos de café. Allez, fuyez bande d’irresponsables, où je vous mets au défi de prendre ma bicyclette avec tout son poids.

L‘entrée dans Uyuni sera salvatrice. Après avoir écumé une dizaine d’hôtels hors de prix, nous optons pour le moins pire qui nous promet une douche chaude, enfin. Nous dévorons un paquet de 800g de bonbons dans l’après midi. Enfin. Nous avalons une côte de bœuf et de lama au barbecue avec des frites et du riz. Enfin. Buvons une bouteille de 2,5L de coca, des tasses de café brûlant et api sucré (boisson à base de farine de maïs). Enfin. La privation temporaire nous a rendus boulimiques de gras, de chaud, de sucre. Enfin, on est arrivés à Uyuni.

La version « c’était cool », c’est pour l’article suivant…

Une traversée, deux versions : Une avancée en enfer
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En route vers le Chili

18 Juillet 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Bolivie

Lundi 1er juillet, cela nous a semblé une bonne date pour quitter La Paz et reprendre notre parcours sur les routes boliviennes. Nous nous sommes décidés à faire une petite percée au Chili, sur une partie de la cordillère qui longe la frontière bolivienne. Alors, ce lundi, en route. De nombreux cyclistes nous déconseillent fortement de quitter La Paz en vélo, car ça grimpe très vite de 3200 à 4000 mètres et il faut reprendre l’autoroute qui nous a permis d’entrer dans la ville. Beaucoup le font en bus et enfourchent de nouveau leur bicyclette une fois en hauteur, sur l’altiplano. Nous n’avons pas envie de prendre un bus, nous tentons donc de trouver un itinéraire bis pour monter cette côte interminable. On ne regrette pas notre décision : une vue superbe s’offre à nous, au prix bien sûr d’efforts musculaires ! Les pots d’échappement des véhicules, la circulation, les marchés, les travaux, autant de pièges à éviter. Nous mettons 4h pour parvenir sur les hauteurs de la ville puis nous filons sur la grande route qui parcourt l’altiplano jusqu’à Oruro. Fort heureusement nous ne ferons que 60km sur cette route folle et dangereuse. Nous trouvons d’ailleurs une route asphaltée en travaux interdite à la circulation en parallèle de la nôtre. Nous l’empruntons et les coups de pédale deviennent un vrai bonheur. Nous sommes seuls sur une route parfaitement lisse. A Patacamaya, où nous devons bifurquer à droite pour nous diriger vers le Chili, grand coup de frein et crissement de pneus. Nous devons faire le plein de nourriture et d’essence pour le réchaud car nous devons être autonomes pour une dizaine de jours. Nous nous apprêtons à entrer dans une zone déserte. Les sacoches pleines de pâtes, riz, avoine, fruits secs, nous avançons sur une route plus paisible.

En quelques kilomètres, les décors changent à vive allure. Nous pouvons, avec nos pauses régulières, prendre le temps de les apprécier. Nous traversons l’altiplano, vierge, aride, venteux où paissent des troupeaux de lamas qui nous dévisagent nonchalamment, passons ensuite dans un paysage lunaire. On croirait ensuite s’être égarés et être arrivés au Grand Canyon. Sur cette route hostile climatiquement parlant, nous trouvons sans peine l’hospitalité chez les habitants. Le plus surprenant, c’est qu’ils n’ont jamais l’air surpris de voir face à eux des gringos, fatigués et sales, leur demander s’ils auraient un peu de place pour que l’on puisse mettre nos tapis de sol et dormir. Chez les gens de l’altiplano, on comprend la fatigue, le froid et la faim et on ne vous demande rien d’autre. On nettoie a grands coups de balai un bout de grange qui sert de chambre à toute la famille et on vous demande de vous installer, entre viande de lamas séchée, peaux de moutons et bouteille de Coca Quina vides qui attendent une poubelle depuis quelques mois. Un soir, nous ferons cuire des pâtes pour une famille avec qui nous mangerons. La femme souhaite apprendre à cuisiner des œufs au plat « à la française ». Elle est ravie de mon cours de cuisine et dorénavant, elle les cuisinera comme ça. « C’est moins gras, on grossira moins et ça conserve les vitamines », nous dit-elle. Oui, mais avec ce froid d’altitude, on est bien contents, nous, de trouver leurs œufs « bien fritos », cuits dans une marmite d’huile.

En route vers le Chili
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Au pays de Tarzan et du Marsupulami

6 Juillet 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Bolivie

Après avoir vu tant de films, d’images, après en avoir tant imaginé, après 24 heures de bus (voir article plus haut), nous voici en plein cœur de la forêt amazonienne bolivienne. A notre arrivée, il tombe des poissons (oui, c’est comme cela qu’on dit ici). Pour la petite histoire, il y a très souvent des mini-tornades dans la région qui effleurent le fleuve Béni et aspirent des poissons. La tornade continue de se déplacer (avec les poissons) et lorsqu’elle s’arrête, libère les poissons qui semblent arriver du ciel avec la pluie. Aucun poisson ne nous est tombé sur la tête, mais un papy a prit plaisir à nous raconter cette histoire au petit déjeuner.

Il est interdit de s’aventurer seuls dans la forêt amazonienne. Nous faisons donc appel à une agence qui peut nous emmener dès le lendemain. Grande chance pour nous, aucune autre réservation. Nous sommes seuls avec un guide pour 3 jours. Nous prenons un radeau pendant 2 heures afin de rejoindre notre base (de magnifiques lodges au milieu des bananiers et des toucans). Une cuisiniène nous préparera de super plats typiques durant 3 jours pendant que nous parcourrons la forêt. Ce luxe est à la fois gênant et des plus agréables.

Nous découvrons des fourmis grandes comme des scarabées, des serpents de 3 mètres, des araignées invisibles, quelques singes, le bruit des toucans, des perroquets aux milles couleurs, une trace de jaguar, les yeux d’un caïman dans la nuit, des plantes médicales, des arbres aussi hauts qu’un building. Nous sommes tout petits et vulnérables dans cette forêt démesurée où tout cohabite en harmonie junglesque.

A chaque retour d’expédition, nous savourons de merveilleux beignets de yuca, des salades de papaye verte, un chocolat chaud et un café produits dont le cacao et le grain sont cultivés dans le jardin, des frites de bananes, un poisson pêché le matin dans la rivière.

Le lit possède une immense moustiquaire qui nous fait un lit à baldaquins. Une vraie pause de type « lune de miel ».

Au pays de Tarzan et du Marsupulami
Au pays de Tarzan et du Marsupulami
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