Et avec ceci ?
Arrivé à Banos après avoir pris deux bus différents, nous trouvons refuge dans une petite pension familiale, avec vue sur la montagne, les forêts et à deux pas des thermes. Des eaux chaudes ruissellent dans la roche et sortent à 40° pour le plus grands plaisir de nos muscles malmenés. Nous cohabitons avec 2 perroquets qui font le bruit des 2 enfants en train de se chamailler dans une cour de récréation, c'est assez surprenant au début. Maintenant, ils nous amusent (on vous a fait un petit enregistrement sonore de leurs conversations. A télécharger ci-dessous).
Ne vous y trompez pas, nous continuons de pratiquer : randonnée au dessus de la ville au milieu d'une forêt presque Amozonnienne, parcours en vélo sur la route des Cascades (magnifique trajet au travers d'une forêt luxuriante).
Nous pouvons de là admirer le paysage qui s'offre à nos yeux à chaque virage, après chaque côte, au moindre clignement d'yeux. La montagne est grande, gigantesque même et les hommes n'ont pas peur de la façonner. Chaque lopin de terre est cultivé, y compris sur les parois que l'on aurait peine à escalader.
En forêt, beaucoup d'oiseaux, que nous voyons peu, que nous entendons beaucoup. Des petits colibris, fous comme des abeilles butinnent des fleurs qui ont la taille d'un ballon de rugby.
Toutes ces découvertes épuissent et c'est avec plaisir, qu'en fin de journée, nous nous plongeons dans des sources d'eaux chaudes (à la couleur brunâtre peu engageante certes) mais aux vertues ô combien bénéfiques. Nous n'en abusons pas trop car nous allons devenir accrocs, c'est risqué pour la suite du voyage.
Montagnes, cascades et thermes
Paroles de perroquets
Trois cartes. Deux vélos. Deux cerveaux.
Trois cartes. Deux vélos. Deux cerveaux.
En Equateur, il faut beaucoup plus que cela pour voyager en vélo et trouver sa route. Il faut ajouter : des arrêts réguliers, des infos glanées au bord de la route, l'amabilité des très nombreuses personnes, de la patience, un bon moral, des jambes qui en veulent.
Un p'tit coup de guidon sur la gauche pour éviter une branche, attention un banc de sable.
Freines! Un chien arrive droit sur nous, non, finalement, accélère! Une pierre en cache toujours une autre. Les sacoches et les pneus n'ont peur de rien, ils affrontent les évènement avec courage.
Poses pied à terre, les pavés sont impraticables. Nous avons choisi de faire comme des grands, d'esquiver la panaméricaine, de prendre des petits chemins (magnifiques, certes). et bien nous voilà comme des personnes responsables au milieu de je-ne-sais-où. Après avoir demandé près de 52 fois notre chemin, après qu'on nous ait dit 48 fois en 10km, c'est à 5km...Bon, on nous avait prévenu, mais après la petite angoisse de fin d'après-midi alors que l'on ne voyait pas la fin arriver, on peut se dire que nous avons eu un beau moment, magique même, au milieu de ces montagnes maudites lorsque qu'il fallu les gravir mais si savoureuses une fois la tente plantée.
On n'est pas bien là, au pied du Cotopaxi ?
En selle
Samedi 9 mars - 7h00 : Le moment tant attendu est arrivé. Nous quittons Quito dans une heure. Angoissés et excités à la fois.
Nous devrons suivre la panaméricaine, a priori pas d'autre possibilité pour quitter la ville. Cette panaméricaine suscitait le désir avant que l'on parle de notre voyage. c'est devenu notre cauchemars et notre pire angoisse depuis les préparatifs. Cette grande route qui relie l'Amérique du Sud sur un axe Nord > Sud est un boulevard énorme qui passe de 2 fois 3 voies à 2 fois 4 voies et où évoluent toutes sortes de véhicules à moteur, et nous petits cyclistes.
Nous devons donc rejoindre cette fameuse route en passant par différents quartiers de la ville. Nous ne connaissons pour le moment pas le dénivelé.
On s'élance, boule au ventre et motivation extrême.
La sortie de ville se fait bien, nous arrivons à suivre des rues peu fréquentées par les voitures. Après 2 heures de pédalage et d'oeil rivé sur la carte, à un feu rouge, il est l'heure de s'élancer. Panaméricaine, tu ne nous fais plus peur. Pendant plusieurs heures, nous roulons dans ce que l'on appelle en France une bande d'arrêt d'urgence. Ici, c'est plutôt la bande à tout faire : marche à pied, petits stands de nourriture, bétonnière à même le sol. Nous sommes donc à notre place.
La vue est magnifique, nous descendons l'Avenida de los volcanes (Avenue des Volcans). Sans la pollution et le bruit incessant des voitures, bus, camions, nous serions au paradis.
Nous faisons une halte en millieu d'après midi, à l'heure où nos cuisses commencent à dire "ça suffit pour un début".
Au Cafe de la vaca (petit restau de bord d'autoroute), nous sommes accueilli par Maria avec un sourire plus que chaleureux. Elle nous dit que nous pouvons planter notre tente ici, dans le jardin du restaurant, elle nous apporte des patisseries et de l'eau, nous ouvre pour la nuit la salle de bain des employés. Avec un accueil aussi charmant, c'est certain, demain nous aurons des forces.