Machu ou pas Machu ?
Depuis le début des préparatifs de notre voyage, une grande question revenait souvent : allions-nous ou non visiter le Machupicchu ? C’est grandiose disent certains, c’est très touristique, est-ce que cela vaut vraiment la peine ? C’est très cher, mais passer à côté d’un tel site sans le visiter serait dommage ? Jusqu’à notre arrivée à Cuzco, ce questionnement était récurrent. Puis, à notre arrivée dans la ville, notre retrouvons Cécile et Guillaume (cyclistes rencontrés à Trujillo), qui eux aussi hésitent. Tous les 4 nous nous décidons : nous irons ensemble au Machupicchu, parce que, quand même, le site doit valoir le détour. Nous nous amusons à construire notre petit voyage, essayant de le rendre un peu aventureux, moins touristique, moins coûteux, plus drôle. Nous partons pour 3 jours en nous lançant un défi : dépenser le moins possible, avec pour récompense, si nous réussissons, une énorme pizza et de la bière à notre retour à Cuzco.
Nous laissons donc nos vélos et sacoches à l’hôtel, chargeons un sac sur nos épaules avec une tente, 4 duvets, 4 tapis de sol, une autonomie de 3 jours en alimentation, de l’eau. Pas une chose de plus. Quittant Cuzco à 7 h du matin, nous arriverons à Hidroélectrica vers 16h. De là, nous marchons le long de la ligne de chemin de fer en direction de Agua Calientes pendant environ 2h30. Nous posons notre tente dans un camping (le premier rencontré depuis notre départ de Quito). Après un bon petit repas, nous nous endormons pour une courte nuit. A 3h30, le réveil sonne et nous voilà partis 1/2 heure plus tard en direction du Machu. Une ascension brutale d’environ 1 heure nous attend. C’est très raide mais nous marchons dans la nuit et cela est bien agréable. Quand nous arrivons aux portes du Machu, le soleil se lève tout juste. Nous entrons dans le site vers 6h30 pour profiter du réveil de la nature sur le site. A la vue de ruines, on peut vous dire qu’on ne regrette en rien notre décision. Quelle prouesse architecturale ! Entouré de montagnes couvertes d’une végétation tropicale, le site est posé dans un endroit magique, inaccessible, camouflé, préservé.
Après une visite guidée du site entre 6h30 et 9h30, nous partons découvrir quelques chemins de randonnée aux alentours du site qui nous promettent des vues plus grandioses des lieux. Vers 15h, exténués de nos crapahutages sous un soleil de plomb, nous redescendons vers le camping, heureux d’avoir visité une des merveilles du monde, malgré la foule touristique à laquelle nous ne sommes pas habitués. Oui, nous devenons de plus en plus sauvages vis-à-vis de tout humain nous ressemblant (teint clair, vêtements occidentaux, sac à dos…).
Le lendemain, sur le chemin du retour vers Cuzco, une petite escale bien méritée dans les eaux thermales de Santa Theresa : encore un grand moment de bonheur dans des piscines naturelles creusées à même la roche où l’eau sort à 40°, claire et transparente. Pour parfaire le décor, nous sommes seuls au monde. S’il vous plait, chut, on se détend.