Deux nuits au poste
Entre la ville de Huanuco et Huancayo nous roulons dans un paysage qui oscille entre pampa déserte et paysage minier. Nous passons un col à 4200 mètres aux environs de Cerro de Pasco. L’ambiance est particulière : grandes lignes droites d’altitude, de hautes herbes raides, fines et sèches, se balançant au rythme du vent souvent violent, des vigognes et des lamas qui nous saluent du haut de leur long cou. Les camions accélèrent leur vitesse, pour une fois qu’il y a une ligne droite.
Le dérèglement climatique se fait sentir ici, comme nous le répètent beaucoup de locaux : nous sommes en période sèche et il pleut, il grêle même, alors qu’en cette époque aucune goutte n’est censée tomber. Alors, on se permet de petites pauses à l’abri de taules tenues par 4 bâtons, en bord de route qui servent de commerce à un vendeur de fromage, à une cuisinière qui sert d’énormes soupes, à un petit bar où l’on nous propose un chocolat chaud (tiens ? c’est la première fois que l’on en voit sur le continent) accompagné d’une galette frite (hum, c’est bon, c’est gras).
Nous sommes dans une zone où le narco-trafic est présent : les feuilles de coca poussant à quelques heures de là, on nous recommande un peu de prudence et les contrôles policiers sont très fréquents sur la route. C’est ainsi que nous nous retrouverons à dormir dans des postes de police deux nuits de suite. L’accueil y est au premier abord froid puis se détend peu à peu, jusqu’à devenir sympathique au point qu’un des policiers nous offre le petit déjeuner le lendemain matin.
Cette partie du Pérou vit essentiellement de l’extraction minière et du narcotrafic. On le remarquera notamment tout le long de la route menant à Huancayo où les grosses voitures contrastent avec les tas de ferraille que nous avons croisé jusque alors.