equateur
Au détour d’une côte
Après avoir sillonné la ville et en avoir découvert les alentours, nous décidons qu’il est temps de reprendre les vélos. Je crois qu’on ne l’écrira jamais assez : les côtes sont difficiles. Nos objectifs de pédalage sont souvent revus à la baisse en cours de journée car, au choix en fonction du jour :
- les fesses en pâtissent,
- les jambes n’ont plus de force
- le moral d’un des 2 co-équipiers est un peu faible
Heureusement, la vie est plutôt bien faite et dans ces moments-là, il y a toujours possibilité de trouver un petit baume au cœur. Ce jour-là, les critères énoncés ci-dessus n’étaient pas au choix, nous avions tout coché. A 14h, harassés d’une ascension sans fin, nous décidons de poser pied à terre et de trouver un endroit pour dormir. Par chance, nous apercevons une petite pancarte de bois indiquant hotel, un peu plus haut, dans un village. Jenny nous accueille avec le sourire, l’hôtel a ouvert il y a juste une semaine. Tout est fait de bois et les chambres ont l’air confortable mais malheureusement un peu chères pour notre budget. Nous lui demandons s’il y a un endroit sûr où poser notre tente dans les parages. Elle nous propose de la poser là, juste devant l’hôtel et nous propose d’utiliser la douche. Quel bonheur ! La tente montée, elle nous offre un repas, intriguée par notre mode de voyage. Lorsque son mari Patricio arrive avec toute la famille (nous sommes dimanche de Pâques), il s’adresse à nous en anglais et nous lui répondons en espagnol. Un sourire s’affiche sur son visage et nous devenons des bêtes de foire pour l’ensemble de la famille : « hey, les gringos parlent espagnol »…
Nous passons une après-midi incroyable au sein de cette famille et nous échangeons beaucoup à propos de tout : les systèmes d’éducation, les rôles hommes-femmes, la construction d’une maison, l’Equateur. En fin de journée, le couple nous propose de dormir dans l’hôtel, gratuitement, comme si nous étions en quelques heures devenus des amis de longue date. Mais notre tente orange nous attend déjà et nous les remercions chaleureusement. Le lendemain, après un petit déjeuner bien copieux préparé par Jenny, nous reprenons notre route, l’estomac plein et l’esprit plus léger, nous permettant de prendre avec philosophie les 20km de grimpette qui nous attendent.
Nous voilà à Cuenca
A notre arrivée à Cuenca, nous essorons maillots et pantalons, non pas de sueur aujourd’hui mais de pluie tropicale. Jesus, croisé en chemin, nous a indiqué un hostal dans lequel il a passé plusieurs jours bien agréables. Nous sonnons donc à l’adresse indiquée qui étrangement n’affiche rien sur sa façade extérieure. On dirait une maison abandonnée dans une de ces ruelles pavées typiques de la ville. Un jeune homme enjoué vient nous ouvrir, nous demande d’entrer avec les vélos alors que nous dégoulinons et que nous n’avons prononcé qu’un rapide « buenas tardes » essoufflés. Bienvenus à la maison ! Cet hostal familial n’est en fait pas vraiment légal et est complètement déglingué mais nous passons ici de belles journées et faisons des rencontres agréables. C’est fou cette impression d’être attendu quelque part alors qu’il y a 3 minutes à peine on ne se connaissait même pas de vue.
Au détour d’une rue, nous croisons Pierrick, un Français en voyage qui remonte l’Amérique Latine depuis le Sud. Avec lui, nous passerons 4 jours à découvrir la ville, à randonner dans le Parque National El Cajas, à siroter diverses boissons locales et à fêter le Semaine Sainte autour d’un plat composé de 12 lentilles différentes, en représentation des 12 apôtres (que loco).
Une ascension inoubliable
Nous poursuivons l’ascension de la cordillère au rythme que nos jambes nous imposent. Sans elles, on le jure, on avancerait beaucoup plus vite. Mais que voulez-vous, elles sont quelque peu fainéantes. Au cours d’une de nos journées, nous gravissons, devinez quoi ?
On vous le donne en mille : El Monte de Cerro (traduction littérale = le Puy de Dôme) qui culmine à 4465 mètres ! On a décidé d’organiser un jumelage entre l’Auvergne et El Macizo Central (région d’Equateur dans laquelle nous sommes).