Sur la ligne d'arrivée
L’arrivée à Buenos Aires était synonyme, dès le début du voyage, de la fin de ce même voyage. Et nous y voilà maintenant.
La ville grouille de toutes parts. C’est le petit matin, il est à peine 6h et déjà le thermomètre indique 35°C. Nous n’hallucinons pas, il fait bel et bien une chaleur diabolique. Les températures sont tellement extrêmes que la ville souffre de coupures de courant impliquant panne d’air conditionné et absence d’eau. C’est de la survie des habitants dont-il est question. Et nous arrivons dans ces conditions, mochila au dos, essayant de trouver le moindre courant d’air, la plus petite ombre. Par chance, un oasis, la maison d’un couple de coachsurfers qui nous héberge avec la plus grande sympathie.
Nous vivons au rythme argentin, des heures de repas décalées, des moments de partage autour de grands matés, des siestes en fin d’après-midi, des dîners aux heures des rêves. Nous découvrons la ville sous le pas lourd de nos corps meurtris par la chaleur humide. 40°C, 46°C, 42°C, nous regardons les chiffres défiler. Puis, tout à coup, sans prévenir, la tempête, un vent incroyable qui fait claquer les portes, brise les fenêtres, arrache les arbres, en 5 minutes de temps. Et enfin une pluie forte s’abat sur la ville. Cette pluie qui vient rafraîchir l’atmosphère pour une courte journée, avant que le soleil ne sévisse de nouveau.
Après de multiples rebondissements non maîtrisables de type « organisation argentine », nous retrouvons nos vélos, puis les affaires que nous avions laissées à notre amigo il y a quelques mois. Les retrouvailles avec nos vélos sont teintées d’une vive émotion et nous ne tardons pas à leur faire fête. Une grande manifestation appelée masa critica (= la masse critique), dans la même veine que nos vélo-rutions occidentales, a lieu dimanche. On remonte en selle et nos vélos, que l’on sent rouillés d’avoir si peu fait d’exercices ces derniers mois, avalent le bitume avec frénésie. Ils sont heureux, et nous aussi. Nous sillonnons Buenos Aires, des quartiers les plus populaires aux plus pauvres, des zones les plus riches aux plus bobos, nous découvrons un Buenos Aires de jour et de nuit, pendant plus de 4 heures de pédalage. Nous donnons nos derniers coups de pédales sur les routes sud américaines, nous le sentons, une page va se tourner au coin de cette rue, après notre arrivée sur la place de l’Obélisque.
Comme si la boucle revenait sur elle tranquillement, nous écoutons la sélection musicale que nos copains nous ont préparé avant notre départ, nous cherchons des cartons pour l’emballage de nos vélos, nous avons une boule au ventre de regarder vers l’inconnu que nous allons découvrir dans quelques jours en même temps qu’une excitation vive pour les nouvelles découvertes que nous allons faire dans ce lointain pays qu’est la France.
Avec nos excuses mais le mode portrait d'overblog ne fonctionne plus pour les photos. Vous devrez pencher la tête!
Nous rencontrons dans Buenos Aires, des commerçants très accueillants et toujours prêts à parler de viande, la spécialité du pays
Les cartoneros : ils sont des centaines voire des miliers à sillonner la ville et les poubelles à la recherche de cartons qu'ils revendent quelques sous
Exemples de manifestation Masa Critica