Une traversée, deux versions : Que lindo
Que lindo* (*whaou, qu’est ce que c’est beau !)
Impressionnante sensation de se sentir minuscule au milieu d’un immense désert. Suivant notre avancement tranquille, au rythme de coups de pédale, le paysage est un décor. Un décor de cinéma, avec ces longues étendues qui nous mènent au pays des indiens, un décor de rêve, avec des couleurs et des formes à faire pâlir les meilleurs aquarellistes, un décor animalier avec des vigognes, des petits lapins à a queue en tire bouchon. Un décor dans lequel il est fabuleux d’avancer. Le vent est frais, le soleil réchauffe, les volcans fument. Chaque chose est sa place. Tout du moins on le suppose car jamais nous n’avons rencontré pareil paysage. Le fait de se sentir seul ajoute une autre perspective au voyage. Un peu d’angoisse certes, car en cas de pépin, nous sommes loin de tout. Mais surtout un immense sentiment de liberté. On se sent partout chez soi. Poser la tente le soir se révèle d’une facilité déconcertante. Pas besoin de se cacher, il n’y a personne. Alors un simple regard autour de nous lorsque la fatigue de fin de journée se fait sentir, et nous voilà installés. Au milieu d’un troupeau de vigogne, au pied d’une roche, au bord d’une source d’eau chaude, sur une île d’un désert salin…Chaque effort fourni en récompensé.
Qu’il s’agisse des montagnes chiliennes ou des déserts de sel, la démesure de la nature est partout. Le Salar de Uyuni, plus grand désert de sel au monde, nous révèle la courbure de la terre, des débuts et fins de journées où le violet se mêle à l’orange, le bleu au rouge. A moins que ce ne soit l’inverse. On observe le spectacle avec assiduité chaque matin, chaque soir. Et à chaque fois avec le même plaisir. Nous vivons au rythme de ce soleil qui nous abandonne l’espace d’une nuit, nous laissant en compagnie d’un ballet étoiles, la voie lactée parfaitement dessinée, orchestrant l’ensemble.
Le salar nous permet d’avancer à vive allure, en toute direction. Pas de chemin tracé, il nous suffit de fixer une montagne au loin, située à 50km, de la suivre. Tous les chemins sont possibles pour rejoindre un point de référence. Nous pouvons pédaler en fermant les yeux, sans craindre un impact avec quoi que ce soit. On peut pédaler au rythme de la musique, sans craindre de se faire renverser. Les distances sont longues, alors qu’une montagne semble proche et que l’on pense l’atteindre en seulement une heure, nous sommes surpris de toucher ses flancs en fin de journée. Quand on vous disait que l’on se sent minuscule. Et tellement bien.
Merci les copains pour votre playlist, on l'adore!!!!