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les mollets moteurs

Si le Chili m'était conté

17 Décembre 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Chili

Le Chili est certainement le premier pays étranger dont j’ai entendu parler, alors que je pouvais encore dire mon âge avec les doigts d’une seule main. Il était alors, dans ma petite tête d’enfant, l’illustration parfaite d’un monde dichotomique. Les gentils et les méchants, les riches et les pauvres, la guerre et la paix, l’amour et la haine.

Ce pays était pour moi représenté par cinq personnes, cinq prénoms aux sonorités différentes du français. Olga, Arnoldo, Alexandro, Marcia et Luis. Le Chili devait très certainement sentir la lentille et les épices, comme chez cette nounou qui m’accueillait chez elle le temps de la pause du midi à l’école maternelle. Mes parents ont du m’expliquer un jour qu’ils étaient réfugiés politiques, qu’ils s’étaient battus dans leur pays pour la paix mais que leur vie était en danger là-bas car la liberté n’était pas la même qu’en France.

J’ai certainement senti que ça n’avait pas dû être drôle pour eux de venir vivre ici, transportant avec eux un parfum d’orange que je pouvais sentir lorsque Marcia, leur fille, me peignait les cheveux. Mais j’étais contente qu’ils soient arrivés ici, en France, pour que je puisse les connaître. En grandissant, j’ai entendu des mots d’adultes tels que torture, prison, dictature. Au collège, j’ai appris la longueur de ce pays si étroit tout au long duquel avait poussé la Cordillère. J’ai alors voulu comprendre ce qui était arrivé à beaucoup d’autres, tout comme à eux.

Lorsque j’ai appris la mort de Pinochet dans les journaux, je me suis demandé s’ils en étaient soulagés ou si au contraire ils étaient rongés par l’injustice de son non-jugement. Mais je n’ai jamais osé poser de questions, par pudeur. Puis, en traversant l’Equateur, le Pérou, la Bolivie à vélo je pédalais avec l’idée que j’allais enfin découvrir ce pays connu de nom depuis si longtemps mais pourtant si obscur à mes yeux.

En arrivant à Santiago, je me suis dis qu’il était temps d’entrer dans le vif du sujet. Après avoir rencontré des gens dans le rue, avoir visité tous les musées possibles sur l’histoire de la dictature, avoir marché dans les rues aujourd’hui si paisibles, m’être assise devant le mur en souvenir des disparus de la dictature dans le Cementario General, je n’ai pas encore tout saisi sur l’histoire du pays qui a bouleversée bien des vies. En lisant un chapitre du livre « Les veines ouvertes d’Amérique Latine », écrit juste avant le coup d’état militaire chilien, je comprends qu’il n’est en fait qu’une histoire d’argent, d’intérêt pour des ressources naturelles que les pays du nord voyaient dans les pays du sud. C’est de cette manière que se résument les questionnements du « pourquoi tant de haine ? » qui me taraudent depuis ma tendre enfance. Le gouvernement des Etats-Unis avait besoin d’exploiter des minerais dont disposait le Chili, ils ont placé un dictateur. Quoi de plus simple ?

Depuis la chute du gouvernement militaire, les traces laissées par l’impérialisme américain sont très visibles. Les voitures sont grosses et neuves, de marque américaine, chacun exhibe LA pomme sur son ordinateur, son téléphone, son lecteur musique. Les rues sont calmes et l’espace publicitaire a la part belle. Le week-end de notre arrivée, le Chili était en pleines élections. La liberté n’est pas encore gagnée, reste à voir ce que les Chiliens vont décider.

Pour Olga, pour Arnoldo, pour toute leur famille, je souhaite que leur combat et leur exil n’aient pas été vains. L’Histoire, c’est aussi au présent que ça se raconte.

Relève de la garde devant le Palais du Gouvernement

Relève de la garde devant le Palais du Gouvernement

Vestige de la présence espagnole à Santiago, Parque Santa Lucia
Vestige de la présence espagnole à Santiago, Parque Santa Lucia

Vestige de la présence espagnole à Santiago, Parque Santa Lucia

Publicité sur tous les toits d'immeubles : Premier tour des élections présidentielles

Publicité sur tous les toits d'immeubles : Premier tour des élections présidentielles

Santiago, ville verte et aérée

Santiago, ville verte et aérée

Cimetière général, lieu de vie, de revendication et de mémoire
Cimetière général, lieu de vie, de revendication et de mémoireCimetière général, lieu de vie, de revendication et de mémoire
Cimetière général, lieu de vie, de revendication et de mémoire

Cimetière général, lieu de vie, de revendication et de mémoire

Métro, lieu d'expression artistique

Métro, lieu d'expression artistique

Londres 38, Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme
Londres 38, Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme
Londres 38, Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme

Londres 38, Musée de la Mémoire et des Droits de l'Homme

Sous les conseils d'Olga et Arnoldo, dégustation d'un cebiche au marché (plat à base de poisson cru)

Sous les conseils d'Olga et Arnoldo, dégustation d'un cebiche au marché (plat à base de poisson cru)

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Ce n’est pas si simple en bus

13 Décembre 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Argentine, #Chili

D’ordinaire, vous commencez peut-être a le comprendre, en Amérique du Sud, nous sommes dans une politique générale du « no te preocupe ». En agissant comme de bons locaux, mochilas au dos, nous quittons la ferme un vendredi après-midi pour rejoindre le terminal où nous prendrons un bus direction le Chili. Nous nous dirigeons confiants vers la billetterie afin d’acheter nos billets et le vendeur nous annonce tout désolé qu’il n’y a plus de place dans le bus du soir. Devinez pourquoi ? On le dit, on le répète, le foot, ça n’a pas de frontière, la preuve par l’exemple. Une équipe argentine a réservé les places en vue de jouer le lendemain à Santiago, et une équipe ça rempli très vite un bus.

Mais, ne l’oublions pas, nous sommes en Amérique du Sud, il y a toujours une solution. Alors nous prenons un bus pour Mendoza, 200km au sud et dénichons sur place une autre compagnie qui assure le transfert vers le Chili dans la nuit. Ce qui est merveilleux, c’est que l’on n’a même pas le sentiment d’un plan galère, tout se déroule ici très bien, si peu que l’on soit patient.

Nous passons donc la frontière chilienne (pour la 3ème fois de notre voyage) aux environ de 3h du matin. C’est la première fois que nous entrons dans le vrai Chili, que nous allons côtoyer ses habitants. Pour rappel, notre première traversée chilienne était en plein désert à vélo avec pour seules compagnes des vigognes et la seconde un paradis touristique dans le désert d’Atacama en compagnie de notre amie Sophie. Les frontières chiliennes ne sont jamais des parties de plaisir. Interdiction de passer fruits, légumes et toute denrée non manufacturée. A la façon de fouiller nos sacs, les douaniers se prennent pour des sauveurs de la planète et nous font passer pour les pires des assassins. Gare au raisin sec oublié ou à la tisane de cedron au fond du sac, tu es convoqué pour un entretien des plus corsé dans le bureau du chef pour une demi-heure de sermons argumentés sur l’hygiène et les lois à respecter dans ce pays, teintés d’une touche de racisme pour les pays sud américains environnants. C’est malheureusement ce qui nous est arrivé pour avoir osé demander s’il était possible de faire passer un sachet d’origan, voyous que nous sommes. Après que Mathilde ait feint quelques larmes (quelques années de théâtre nous ont sauvé la mise) devant l’imposant fonctionnaire qui visiblement voulait montrer qu’il en avait plus dans le pantalon que dans la cervelle, nous avons enfin pu arriver à Santiago.

Malgré les dures lois, les paysages nous enchantent! Que lindo!!!

Malgré les dures lois, les paysages nous enchantent! Que lindo!!!

Un des nombreux petits lacs d'altitude

Un des nombreux petits lacs d'altitude

Ce passage de frontière est souvent fermé à cause de la neige, on comprend pourquoi !

Ce passage de frontière est souvent fermé à cause de la neige, on comprend pourquoi !

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Adieu Granja Tia Nora

10 Décembre 2013 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Argentine

Le temps passe vite lorsque l’on se sédentarise, il semble s’accélérer, avancer beaucoup plus rapidement que lorsque nous pédalons. La routine, les habitudes, les horaires imposés façonnent l’idée que le temps nous échappe et ne nous appartient plus. Cependant, ce temps est bénéfique pour analyser l’environnement dans lequel nous évoluons. Nous prenons le temps de comprendre le monde animal, auquel nous nous étions si peu intéressés auparavant. Nous admirons le monde végétal, si puissant face aux éléments. Les animaux nous révèlent une face humaine que nous n’osons pas voir mais qui pourtant semble si réelle. Sans avoir à faire preuve de savoir-vivre, les bêtes sont sans pitié, prêtes à arracher l’assiette de l’autre, se battent pour se reproduire, protègent becs et ongles les petits bien portants et abandonnent les natifs faibles pour lesquels il est inutile de gaspiller de l’énergie. Elles sont reconnaissantes à l’homme si le traitement est bon et se montrent craintives envers celui qui ne lui offre pas les bons soins.

Les plantes quant à elles se frayent un chemin entre la terre et le ciel, malgré le manque d’eau elles arrivent à trouver des ressources nécessaires à leur croissance. Malgré un soleil cuisant en journée, elles trouvent la fraîcheur indispensable le temps d’une nuit. Elles grandissent vite, encore plus vite lorsque l’on prend le temps de s’en occuper, de les chouchouter, de les admirer.

A l’heure de la sieste, nous quittons la ferme endormie par l’écrasante chaleur. Nous serrons dans nos bras Pedro et Lucia qui sont devenus le temps de ces quelques semaines, nos parents et nos amis et la difficulté de la séparation est réciproque.

Adios Pedro y Lucia ! Muchas gracias!

Adios Pedro y Lucia ! Muchas gracias!

Adios la huerta

Adios la huerta

Adios los juegos de los ninos

Adios los juegos de los ninos

Devinez, où est Charlie ? (regardez bien!)

Devinez, où est Charlie ? (regardez bien!)

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