Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La chute

7 Janvier 2014 , Rédigé par Mathilde et Brice Publié dans #Argentine

J’ai trouvé vie en pleine forêt amazonienne, dans un coin du Rio Parana. Comme mes milliers de frères et sœurs, j’ai barboté tranquillement dans les ondulations du fleuve, J'ai embrassé la terre rouge et argileuse à de nombreuses reprises. J’ai porté sur mon dos des brindilles, des troncs, j’ai roulé sur les galets et ai esquivé des rochers. J’ai rafraîchi des familles entières sur mon passage. On peut dire que jusqu’ici, j’ai eu une vie paisible.

Mais à entendre ce qui se passe au loin, cette paix ne va pas durer. La vitesse s’accélère, je n’ai plus le temps de me faire des amis sur la berge. Avec mes compagnons, nous nous entrechoquons, passons l’un par-dessus l’autre, sans pouvoir rien contrôler. Le bruit sourd venu de loin se fait chaque seconde plus fort, c’est maintenant un grondement. Je n’ai pas d’autre choix que de suivre la masse.

J’aimerais retourner en amont, remonter le cours des choses, retourner au paisible. Je crois que je n’aurai même pas le temps de pleurer au moment où il faudra se lancer dans le vide. Je n’ai pas de cœur, je n’ai pas d’esprit, je n’ai pas à me questionner ainsi. Le tumulte est maintenant là. Il n’y a plus aucune surface plane devant moi. Comme tous ceux autour de moi, je hurle. Voilà d’où venait ce bruit sourd. Tous mes camarades passés par là n’ont pu réprimer ce cri. Nous plongeons maintenant devant les yeux ébahis des touristes et les focus d’appareil photo. La chute est longue et brutale. Pas le temps d’avoir mal que nous voilà dans les eaux tumultueuses du bas de la cascade. Je suis secouée et fatiguée. Alors que la large gorge du diable nous aspirait il y a quelques secondes, voici qu’elle nous rejette violemment vers le Rio Iguazu.

Le cours de la vie redevient paisible et j’irai m’échouer dans l’océan.

Vous n’imaginiez pas, lorsque vous êtes arrivés devant les portes du Parc des Chutes d’Iguazu, caméra autour du cou, casquette vissée sur la tête et crème solaire appliquée de façon non uniforme, que le spectacle que vous alliez voir allait causer le traumatisme de la petite goutte d’eau que je suis ?

De l'eau beaucoup d'eau
De l'eau beaucoup d'eau
De l'eau beaucoup d'eau
De l'eau beaucoup d'eau
De l'eau beaucoup d'eau
De l'eau beaucoup d'eau

De l'eau beaucoup d'eau

De la faune très riche et variée
De la faune très riche et variée
De la faune très riche et variée
De la faune très riche et variée
De la faune très riche et variée
De la faune très riche et variée
De la faune très riche et variée

De la faune très riche et variée

Des touristes, casquette visée, appareil photo chargé
Des touristes, casquette visée, appareil photo chargé
Des touristes, casquette visée, appareil photo chargé
Des touristes, casquette visée, appareil photo chargé

Des touristes, casquette visée, appareil photo chargé

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Wouah ça décoiffe ... Quelle effervescence et quelle vie dans ces épousailles de l'eau et de l'air !
Je suis sure que vous avez vu plein d'arc en ciel du coup :-)
Répondre
N
Nélo
Que de beauté,de poesie.J'avais l'impression d'etre cette petite goutte d'eau.Une belle histoire à suspens qui m'a transporté quelques instants dans un reve,et quelle chute. Bravo et continuez de nous apporter cette douceur et cette fraicheur.MERCI
Répondre
M
Bonjour.
Que de poésie!!!Ces photos des chutes sont grandioses, et le texte qui les accompagne, si ... inspiré! Les parisiens doivent ressentir cette sensation à chaque ouverture de porte de la rame de métro,pendant les heures d'affluence!!! Merci pour ces nouveaux fonds d'écran, et pour toutes ces découvertes!
Répondre